Le Blog des Soft Skills

Enrichir ses compétences humaines, émotionnelles et cognitives

Vidéos pédagogiques : 3 séquences pour une stratégie gagnante en formation

Bon à savoir

23 juillet 2020

Plébiscités dans le cadre des loisirs, les vidéos irriguent désormais de nombreuses sessions de formation [1]. Saynètes de mise en situation, tutoriels ou vidéos dessinées – entre autres -, concourent en effet à faciliter l’apprentissage. Quels sont les « ingrédients » indispensables à des vidéos pédagogiques efficaces, utiles pour les participants comme les formateurs ? Y a-t-il des pièges à éviter ? Plongée et contre-plongée au cœur de l’élaboration de ces contenus à fort impact.

 

Séquence 1 : définir le style de vidéos pédagogiques selon la nature des séquences d’apprentissage dans lesquelles elles s’inscrivent

Bref retour tout d’abord sur les atouts de la vidéo en termes de développement des compétences. Trois registres sont concernés :

  • La mobilisation sensorielle (vue, ouïe) ;

Les recherches en sciences cognitives permettent de comprendre pourquoi la stimulation conjointe de nos canaux d’acquisition, préférentiels et secondaires – à l’œuvre quand on visionne une vidéo pédagogique – rend l’apprentissage plus fluide et efficace.

  • La synthétisation des informations à retenir ;

Comme l’indique Nicolas Lozancic [2], « la qualité majeure de la vidéo est de montrer l’essentiel, de faire passer un message de façon rapide ».

  • La mémorisation.

Parce qu’elles racontent des histoires, qu’elles montrent des personnes à l’écran (activant ainsi notre empathie) et suscitent des émotions, alliées décisives de l’apprentissage, les vidéos pédagogiques nous « engagent » dans celui-ci. La possibilité de les regarder sur des supports variés et à différents moments permet également de renforcer la trace mémorielle et de générer une démarche « volontaire », par l’effort de concentration requis dans le cadre d’un visionnage sur smartphone notamment.

Ceci étant posé, comment procéder si l’on souhaite irriguer ses parcours de formation de vidéos pédagogiques ?

Il s’agit tout d’abord de déterminer la nature des séquences d’apprentissage qu’elles vont venir enrichir. Distinguez :

  • Les vidéos explicatives visant à faire comprendre un concept ou introduire un cours (en formation initiale) ;
  • Les interviews d’experts, pour définir ou approfondir une notion ;
  • Les vidéos montrant les articulations d’un geste technique, proches de tutoriels ;
  • Les saynètes ou sketchs de mise en situation, qui cherchent à projeter l’apprenant dans un contexte spécifique ou au cœur d’une problématique.

À chaque ambition pédagogique, à chaque « moment » du parcours de formation, correspondent des formats vidéo distincts.

 

Séquence 2 : co-construire les vidéos pédagogiques en fonction de l’usage et de l’objectif envisagés

Auteur-concepteur, réalisateur et producteur, Virgile Pons travaille depuis une dizaine d’années avec docendi, spécialiste des formations soft skills. Pour lui, tout se joue en amont de l’étape de scénarisation – ou presque !

« Concevoir des vidéos destinées à un organisme de formation nécessite souvent de regrouper les offres existantes au sein de « familles », en raison de leur volume important. » Il s’agit là d’un travail préalable à la phase elle-même préparatoire de recueil d’informations. Durant cette dernière, « des échanges sont organisés avec plusieurs interlocuteurs » – une quinzaine dans le cas des vidéos pédagogiques réalisées pour docendi. Ceux-ci partagent :

  • Des cas réels qu’ils ont pu rencontrer, potentiellement inspirants pour écrire une histoire ;
  • Les pain points, difficultés ou « irritants » les plus souvent évoqués par les apprenants, qui les bloquent et dont ils aimeraient se libérer.

Vont alors émerger les questions clés autour desquelles les vidéos pédagogiques devront s’articuler. Sachant que ces dernières peuvent viser 2 objectifs distincts :

  • Éveiller l’intérêt, aiguiser la curiosité, provoquer un premier déclic, dans un contexte de préparation à la formation (= l’e-start de la formule pédagogique docendi) ;
  • Susciter des émotions, des réactions et des interrogations chez les apprenants, lors de la session elle-même – ce qui permet aux formateurs d’approfondir ce qui doit l’être et de profiter de l’élan généré pour rebondir.

Les notes issues de ces échanges vont servir de « guide d’écriture » pour l’étape de scénarisation. D’autres règles élémentaires y figurent : limiter le nombre de comédiens et de décors (pour des raisons de faisabilité), écrire en cohérence avec le budget disponible en production.

Un point décisif également dans le cadre de vidéos alimentant des parcours de formation aux soft skills précisément : le travail sur les cheminements de pensée. Qu’est-ce qui amène une personne à penser ou agir de telle ou telle manière ? Il en résulte certains partis-pris de réalisation, présents dès l’écriture : regards caméra, voix off avec des interrogations en direct, au cœur de la situation [3]. Pour Virgile Pons, « il est important de proposer une écriture moderne faisant écho aux séries que les apprenants regardent. Cela facilite aussi l’identification aux personnages. Il y a quelques années encore, on écrivait plutôt des sketchs sur le modèle d’Un gars, une fille ou de Caméra Café. Désormais, on élabore des vidéos permettant de rentrer davantage dans la tête de la personne qui agit – ou non ! –, dans une perspective plus réaliste. On s’inscrit dans l’esprit de séries comme The Office ou Fleabag ».

Sachant que les vidéos pédagogiques doivent faire ressortir un message principal. La clarté et la concision sont par ailleurs mères de toutes les vertus, ces contenus durant généralement d’1 minute 30 à 3 minutes.

Une fois les scénarios élaborés, leur validation directe par les formateurs est indispensable.

 

Séquence 3 : moteur, action ! Le tournage et le montage, des étapes décisives pour le résultat final

Puisque l’identification aux personnages est un élément clé dans le cadre de vidéos pédagogiques, le choix des comédiens requiert la plus grande attention ainsi que la direction d’acteurs. Ce type de tournages se déroule en effet sur un temps limité : 6 ou 7 minutes utiles par jour, contre 2 ou 3 minutes en fiction télé et 1 minute, 1 minute 30 en fiction cinéma [4]. Pour incarner des personnages disposant d’une certaine épaisseur (et endosser souvent plusieurs identités), les comédiens doivent faire preuve d’une extrême adaptabilité et de beaucoup de sincérité. « Ceci d’autant plus que ce sont plutôt les mauvaises pratiques qui sont retranscrites. »

Malgré la brièveté de ces vidéos, les situations représentées sont denses. « De multiples détails peuvent être repris par les formateurs – les réflexes inappropriés que l’on peut avoir, nos préjugés sur certains types de comportements, etc. » Les mots, les rapports entre les personnages sont extrêmement travaillés.

Quant à la phase de montage, elle va donner le rythme des vidéos pédagogiques, même si celui-ci émane aussi des séquences telles qu’elles ont été écrites et tournées. Ruptures de ton et effets de surprise vont ainsi contribuer à capter l’attention des apprenants – et à faciliter la mémorisation.

 

Se doter de vidéos pédagogiques (pour un organisme de formation), programmer des parcours irrigués de telles vidéos (pour un responsable formation), participer à une session qui en propose (pour un apprenant), a quelque chose d’enthousiasmant. Attention toutefois à ne pas succomber aux sirènes de l’image et du son ! Car les vidéos pédagogiques ne méritent leur qualificatif qu’à la condition d’une réflexion initiée bien en amont. Pour Virgile Pons, les clés de leur efficacité tiennent en 3 points : un travail préalable de fond mené avec les pédagogues ; une dimension « caricaturale » utilisée avec parcimonie et à bon escient ; un casting soigné. Moteur demandé…

 

>> Teasing : CSP et docendi lanceront bientôt leurs 30 nouvelles vidéos pédagogiques ! Rendez-vous en septembre pour les découvrir…

 

[1] YouTube se classe en tête des « outils » les plus utilisés pour apprendre (source : Top Tools for Learning 2019).
[2] Sparks Product Manager, Nicolas Lozancic se définit également comme podcasteur, vidéaste mobile et EdTech Explorer sur son profil LinkedIn.
[3] Pour certaines formations CSP et docendi (gestion des émotions, gestion du stress), les regards caméra et la voix off fonctionnent parfaitement. Pour d’autres (management agile), le traitement doit être différent.
[4] Les budgets ne sont pas les mêmes dans ces différentes configurations.

 

docendi

Author: docendi

Organisme de formation certifié Datadock, docendi propose, depuis sa création en 2000, une formule pédagogique multimodale novatrice alliant présentiel et accompagnement digital avant et après formation.
Cette pédagogie interactive et personnalisée est particulièrement efficiente pour le développement des soft skills : management, développement de soi, communication interpersonnelle et efficacité professionnelle.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER

Merci, vous êtres bien inscrit à la Neswletter de docendi