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Social Learning : pourquoi nous apprenons mieux avec les autres

Décryptage

2 mai 2019

Modalité du Digital Learning parmi d’autres ou héritier du système de compagnonnage, le Social Learning monte en puissance et interroge : s’agit-il d’apprendre ensemble, ou bien d’apprendre des autres ? La démarche de co-construction permet-elle de mieux s’approprier les savoirs ? À l’heure du renouvellement des compétences en continu, docendi mène l’enquête.

 

Identifions les principes du Social Learning pour bien comprendre ses enjeux

Une définition simple pour commencer : le Social Learning est un mode d’apprentissage participatif qui permet le développement des connaissances, compétences et comportements par la connexion aux autres – collaborateurs, collègues ou pairs, apprenants, formateurs ou tuteurs. L’utilisation synchrone ou asynchrone de médias numériques le rend possible.

Le Social Learning repose sur la théorie de l’apprentissage social développée par le psychologue canadien Albert Bandura.

  • L’enfant apprend davantage par l’observation de ses pairs et l’imitation de modèles comportementaux que par le biais de conditionnements.

Issu des travaux du pédagogue américain Edgar Dale, le cône de l’apprentissage [1] valide par ailleurs la démarche du Social Learning.

  • Nous retenons 90 % de l’information que nous partageons ou enseignons contre 10 % seulement de ce que nous lisons et 20 % de ce que nous entendons.

Social Learning

Source : Wikipedia / Psychoslave

 

L’apport des neurosciences vient confirmer ces théories.

« Notre cerveau donne du sens au courant électrique produit par les paroles que nous entendons en procédant par associations d’idées et en reliant l’inconnu au connu, explique le docteur en neurosciences Isabelle Simonetto. L’être humain perfectionne son « décodeur » grâce aux liens établis avec autrui ».

Si l’apprentissage est social par nature, il ne se résume pourtant pas à cette dimension. Des facteurs biologiques, psychologiques, cognitifs, se révèlent également décisifs.

 

Le Social Learning répond à l’obsolescence accélérée des compétences

Poursuivons l’exploration. Le Social Learning se nourrit-il de coopération ou de pratiques collaboratives ?

  • Le processus coopératif repose sur une démarche d’agrégation. Les actions de chacun sont complémentaires et interdépendantes les unes des autres. L’organisation du groupe est structurée et encadrée.
  • Le processus collaboratif repose sur une démarche d’association. Chacun réalise ses tâches de façon autonome tout en se nourrissant d’échanges avec les autres membres du groupe. L’autonomie et la capacité de travailler à plusieurs, président à l’organisation.

Le Social Learning résulte d’un continuum entre collaborer, travailler ensemble, et coopérer, opérer ensemble [2].

Il permet l’enrichissement du savoir et des compétences de façon volontaire et plus ou moins autodidacte. Chacun doit être en mesure d’apprendre à apprendre tout au long de sa vie. Une nécessité induite par notre environnement VICA [3] où l’innovation technologique donne le la, avec la disparition programmée de certains types d’emplois et l’apparition de nouveaux métiers.

Selon Frédéric Domon, précurseur français du Social Learning [4], « il est indispensable de mettre en place de routines quotidiennes : organiser sa veille, se connecter à un écosystème, échanger, apprendre collectivement et mettre en œuvre par la pratique ».

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Quand les outils digitaux et le web 2.0 dopent le potentiel du Social Learning

Le e-learning n’est pas favorable à l’interaction sociale, à première vue ! Les ingénieurs pédagogiques se concentrent sur l’enchaînement automatique des modules de formation en « oubliant » l’accompagnement de l’apprenant. Seul face à son écran, celui-ci se démotive souvent.

Par chance, le développement des réseaux sociaux généralistes et d’entreprise ouvre la perspective qui manquait en contribuant à la naissance du Digital Learning [5]. Face aux résultats mitigés du e-learning, les ingénieurs pédagogiques s’inspirent de ces modèles qui favorisent le débat et stimulent la réflexion. La formation n’est plus perçue comme une contrainte ou une perte de temps mais comme un moment unique, une expérience stimulante. Les émotions ressenties aiguisent l’attention. Le niveau de motivation, le taux d’engagement dans la formation, progressent.

L’innovation technologique et le web 2.0 permettent à la fois :

  • de rassembler, d’ordonner et de transmettre des informations et des savoirs ;
  • de fédérer et de mobiliser les collaborateurs et apprenants pour développer leurs capacités.

Les outils digitaux participatifs se multiplient : visioconférence (Hangouts, FaceTime, appear.in etc.) ; applis collaboratives ou de gestion de groupes projet (Klaxoon, Slack, Trello) ; outils basiques de partage de documents (Google Drive, Dropbox). Leur accessibilité au grand public lève le frein d’acculturation éventuel des apprenants.

 

Tous apprenants-formateurs agiles ?

Le mythe d’un « détenteur » unique du savoir et de la connaissance a donc vécu ! Dans le Social Learning, la posture du formateur et celle de l’apprenant évoluent et s’adoptent en alternance.

  • Le premier devient facilitateur, régulateur du climat social du groupe autour d’activités pédagogiques bien choisies.

Il donne du sens à l’apprentissage, organise le dialogue cognitif (par la confrontation des points de vue et des savoirs précédemment acquis) et propose des temps de synthèse, des allers-retours entre expérimentation et interprétation [6].

  • Le second devient contributeur et bénéficiaire de son propre apprentissage – et de celui des autres !

Il ne se contente pas de recevoir les informations mais se projette dans son apprentissage, en liaison avec son environnement.

Cette co-construction des savoirs s’incarne de plusieurs façons :

  • En insufflant l’esprit du Social Learning dans le cadre de formations Blended ou à distance ;

Des temps de partage et d’expérimentation en commun structurent la formation présentielle. La construction de nouvelles pratiques s’appuie sur des approches de codéveloppement professionnel[1] Un groupe WhatsApp prolonge par exemple la réflexion. Le partage de bonnes pratiques se poursuit à l’occasion d’un e-coaching (Blended learning).

  • En constituant de véritables communautés d’apprentissage qu’il convient alors d’organiser et d’animer pour les doter d’un maximum d’efficacité.

Dans cette optique, la connaissance des motivations de l’apprenant à rejoindre la communauté d’apprentissage est importante. L’animation d’échanges réguliers autour du thème de la formation et la définition d’objectifs précis et réalistes vont permettre de nourrir des relations affectives et sociales.

Si le Social Learning permet de « mieux apprendre », c’est notamment par que le partage de connaissances (qui en est son principe actif) conforte la confiance en soi de ceux qui le pratiquent. Il active également la dimension de solidarité et de lien social, réduisant le sentiment d’impuissance et d’isolement. Face aux multiples possibilités d’apprentissage et de progression professionnelle qui s’ouvrent à lui, l’apprenant social se révèle dynamique, agile et enthousiaste

 

L’apprentissage sera-t-il de plus en plus M.AL.I.N comme le suggère Denis Cristol [8] ? Mobile, Actif, Libre, Informel, Numérique. La récente réforme de la formation professionnelle semble aller dans ce sens [9]. Une question demeure pourtant en suspens : le Social Learning et le concept même de société apprenante seront-ils accessibles à toutes les catégories de population ?

 

[1] Si ces travaux ont suscité des critiques pour leur manque de rigueur scientifique, les observations réalisées par Edgar Dale sont conformes à l’expérience d’une majorité d’entre nous.
[2] Source : Digital Learning Book 2018.
[3] Volatil, Incertain, Complexe, Ambigu.
[4] Frédéric Domon a créé la solution Preda qui propose du micro-learning.
[5] Le Social Learning nourrit le Digital Learning qui « combine les moments d’accompagnement humain en présentiel ou à distance, et ceux d’autoformation via les outils digitaux ». (Philippe Lacroix) L’apprenant est placé au centre du dispositif de formation et « ses manques sont comblés par un apport d’expertise, du soutien pédagogique, le partage de connaissances de la part du formateur mais aussi des autres participants ».
[6]  Source : Digital Learning Book 2018.
[7] Un article pour en savoir plus à lire sur le blog de Denis Cristol.
[8] Directeur de l’ingénierie et des dispositifs de formation du CNFPT, Denis Cristol est également chercheur associé au CREF de Paris Ouest Nanterre et membre fondateur de l’association Cercle APE Apprendre Ensemble. On lui doit une quinzaine d’ouvrages, dont le Dictionnaire de la formation, Apprendre à l’ère numérique (2018).
[9] Via l’élargissement du périmètre de l’action de formation notamment, la reconnaissance de l’AFEST et plus généralement, l’objectif du développement des compétences en continu, tout au long de la vie.

 

 

 

 

docendi

Author: docendi

Organisme de formation certifié OPQF, docendi propose, depuis sa création en 2000, une formule pédagogique multimodale novatrice alliant présentiel et accompagnement digital avant et après formation.
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