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Situation de stress : 5 leviers pour aider vos collaborateurs à mieux réagir

Conseils de pro

6 février 2018

Dans l’entreprise, managers et collaborateurs doivent régulièrement s’adapter : charge de travail fluctuante, objectifs spécifiques, réactivité… Autant de situations génératrices d’un stress qui va, s’il perdure, impacter la productivité, accroître le taux d’absentéisme ou de turn-over et générer des risques psychosociaux [1].

Mais en quoi consiste le stress ? Existe-t-il des outils voire des compétences permettant de mieux gérer les périodes où il se manifeste ? Si oui, comment les mettre en œuvre ?

Tiphanie Gadonna, responsable de l’offre Développement de soi chez docendi, explique comment activer les bons leviers.

 

Levier n°1 : comprendre le phénomène de stress

Mis en lumière dans les années 1950 sous le nom de syndrome général d’adaptation (SGA), l’état de stress caractérise une divergence entre une demande d’adaptation à un moment donné et la capacité à y faire face.

Cette réaction physiologique pourvoie un maximum d’énergie pour combattre les obstacles. Elle devient problématique lorsqu’elle s’installe de façon permanente, la pression positive initialement générée se transformant alors en stress négatif. Le SGA se décompose ainsi :

                          

Lors de la première phase, qui comporte une étape de choc et une étape de contre-choc, l’individu mobilise ses ressources. Durant la seconde phase, il tente de faire face aux stresseurs. Deux issues sont alors possibles.

  • L’individu parvient à s’adapter progressivement, ses ressources étant suffisantes. Tout rentre alors dans l’ordre.
  • L’individu est dépassé par la situation et son organisme s’épuise. Des troubles sévères d’ordre physiologique, psychologique ou comportemental [2] Travailler devient impossible.

 

Levier n°2 : explorer ses réactions au stress

Pour réguler les situations de stress [3], le collaborateur doit tenter de caractériser son comportement. Dans un contexte perçu comme périlleux :

  • A-t-il tendance à démissionner, en remettant à demain ou aux autres ?
  • Se réfugie-t-il dans la procédure, en appliquant systématiquement la même solution ?
  • Multiplie-t-il les actions, en refusant de déléguer et en tentant de tout traiter en même temps ?

De « petites voix » intérieures – des messages contraignants verbalisés initialement par les parents ou les professeurs (encouragements, rappels à l’ordre, conseils, etc.) -, se manifestent par ailleurs, augmentant encore le niveau de stress. Par exemple :

  • Fais plaisir ! induit une hyper disponibilité pour répondre à toutes les demandes – et plaire. Or, s’il ne parvient pas à limiter les interruptions, l’organisation du collaborateur se verra perturbée.
  • Sois parfait ! enjoint à viser l’excellence. Mais la sur-qualité est consommatrice de temps.

Absolument indispensable, cette détection des réactions face au stress est l’un des enjeux majeurs des formations dédiées. Elle participe d’une meilleure connaissance de soi.

 

Levier n°3 : Agir sur la perception de la situation

Dès la Grèce antique, Epictète comprend que ce ne sont pas « les événements qui perturbent les hommes [mais] l’idée qu’ils s’en font ».

Modifier la perception d’une situation génératrice de stress va permettre au collaborateur de sortir d’une spirale négative et de se recentrer sur l’essentiel.

Cela passe par l’analyse de la situation stressante, via une méthode comme le PABOSA (Poser le problème, Analyser la situation, exprimer ses Besoins, les traduire en Objectifs, écouter les Solutions nées du brainstorming, déterminer des Actions). Reposant sur l’empathie, l’écoute et le partage, le PABOSA implique la coopération du groupe et permet à l’individu stressé de dépasser son prisme plus réduit.

À noter : la clarification des besoins professionnels est indispensable car ils sont connectés au système de valeurs de chacun. Or, lorsqu’une situation « pèse » sur une personne, c’est souvent que l’une de ses valeurs centrales est fortement impactée.

 

Levier n° 4 : se positionner et oser dire non

Une situation de stress naît fréquemment de la sensation d’être dépassé ; prioriser ses actions s’avère donc clé. En s’appuyant sur la matrice d’Eisenhower, le collaborateur :

  • fera l’important et urgent ;
  • délèguera le non important et urgent ;
  • planifiera l’important et non urgent ;
  • remettra à plus tard (quitte à le supprimer) le non important et non urgent.

Autre objectif : préserver son « espace-temps » professionnel. L’assertivité (capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres) intervient alors. Certaines phrases permettent de refuser une demande sans « rejeter » la personne qui l’émet. Exemples :

  • C’est une proposition intéressante – pour témoigner d’une reconnaissance, avant d’évoquer les multiples engagements qui ne permettent pas d’accepter.
  • Par principe, je ne le fais pas – car il est plus facile pour l’interlocuteur d’entendre un refus s’il ne le vise pas de façon personnelle.

 

Levier n°5 : apprendre à anticiper l’apparition du stress

Selon le dicton, consommer une pomme par jour éloigne le docteur. Plus sérieusement, une bonne hygiène de vie aide à anticiper l’apparition du stress : se ménager des pauses régulières, favoriser la durée et la qualité de son sommeil, ou encore s’accorder des moments de plaisir ! Quelques minutes consacrées à regarder des photos de lieux qu’on adore – par exemple -, boostent pour la journée. Autre outil de motivation très efficace (inclus dans l’entraînement des sportifs de haut niveau) : la visualisation positive. On imagine une scène où son but professionnel est atteint…

Il existe enfin des modérateurs de stress, que l’on peut développer. Grâce aux 5 R,

  • la respiration et la relaxation,
  • le rire,
  • la capacité à se ressourcer,
  • celle de relativiser,
  • la possibilité de raconter,

Le collaborateur dope sa positivité ! Et « repousse » le stress.

 

Malgré d’indéniables bénéfices, les politiques d’amélioration de la QVT ne peuvent tout résoudre. L’impact de la technologie sur les entreprises et l’augmentation des exigences en matière de taux de service devraient donc continuer à générer de multiples sources de stress.

Dès lors, une prise de conscience de l’ensemble des acteurs de l’entreprise s’avère indispensable, tout comme l’activation de compétences permettant de bien réagir en situation de stress. Avec, en perspective, de meilleures performances individuelles ou collectives et un bien-être accru !

 

[1] Selon une étude du cabinet de conseil Stimulus publiée fin 2017, un quart des salariés français souffrent d’un état d’hyper-stress au travail mettant leur santé en jeu. Le niveau d’anxiété de 52 % d’entre eux est en outre élevé, rendant « probable » l’apparition de pathologies. Enfin, 29 % présentent un « niveau dépressif élevé ».
[2] Quelques exemples de troubles physiologiques : problèmes musculo-squelettiques, cardio-vasculaires… Psychologiques : instabilité intellectuelle, dépression… Comportementaux : absentéisme, conduites addictives…
[3] Le modèle de Karasek permet d’évaluer l’intensité du stress au travail. Il croise plusieurs indicateurs : l’intensité de la demande psychologique qui pèse sur le salarié, la latitude décisionnelle qui lui est accordée et le soutien social dont il bénéficie. Les activités les plus stressantes sont celles où le collaborateur a un faible soutien social, avec une demande forte et un faible contrôle.
docendi

Author: docendi

Organisme de formation certifié OPQF, docendi propose, depuis sa création en 2000, une formule pédagogique multimodale novatrice alliant présentiel et accompagnement digital avant et après formation.
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