Le Blog des Soft Skills

Enrichir ses compétences humaines, émotionnelles et cognitives

Pourquoi l’apprentissage collaboratif transforme l’expérience apprenant ?

Décryptage

15 novembre 2017

L’apprentissage collaboratif s’appuie sur le groupe, perçu comme un vecteur d’entraide, un levier de motivation et une source de connaissances. Mais cette définition reste partielle. Car l’apprenant, pris dans sa singularité, se révèle lui aussi au cœur de cette méthodologie en devenant acteur de sa propre formation. Il vit alors une expérience entre émotion et étonnement.

 

Quand l’apprenant remet en cause ses propres savoirs

A juste titre, l’apprentissage collaboratif fait partie des tendances en vogue dans le secteur de la formation. Et c’est la montée du Digital Learning révolutionnant les usages, qui a participé, contre toute attente, à valoriser cette méthodologie. En effet alors que le e-learning renvoyait l’image d’un collaborateur livré à lui-même devant son ordinateur, le Digital Learning a démontré paradoxalement les bienfaits de l’entraide entre les apprenants, et son impact positif au sein des organisations. Et pour cause, communautés de pratiques, forums et autres visioconférences ont fini de bousculer cette vision caricaturale de l’apprentissage à distance.

Via ces différents canaux, les apprenants ayant des objectifs convergents sont amenés à échanger ainsi qu’à confronter leurs points de vue d’égal à égal. Ils en viennent même à se remettre en question en réexaminant leurs connaissances, puis en argumentant leurs prises de position. Dans le même temps, ils font l’effort de comprendre l’opinion de l’autre pour in fine progresser ensemble et séparément. France Henri et Karin Lundgren-Cayrol, docteures en technologie de l’éducation et auteures de « Apprentissage collaboratif et nouvelles technologies », ne disent pas autre chose. Elles nous expliquent que « l’apprentissage collaboratif est un processus qui couple les démarches individuelles et la démarche collective de construction des connaissances. »

Il n’est ni une fusion des intelligences individuelles, ni même une mise en commun des idées. Il s’agit bien d’une technique qui consiste à s’approprier de nouveaux savoirs.

 

L’apprentissage collaboratif : vecteur de lien social et nouvelles méthodes de travail

Citant l’enseignant-chercheur Alain Baudrit, la mission Fourgous souligne que l’apprentissage collaboratif se révèle « plus utile pour les apprentissages non-fondamentaux, qui se prêtent davantage au raisonnement et à la réflexion ». Au sein d’un groupe restreint (n’excédant pas 12 personnes d’après France Henri et Karin Lundgren-Cayrol), les participants qui partagent un but commun, développent un savoir collectif, mais aussi des compétences individuelles.

Dans un contexte rassurant, empreint de bienveillance, ils osent par exemple prendre la parole pour verbaliser leurs problématiques. Ils augmentent ainsi leur capacité à communiquer les uns avec les autres, à partager leurs idées, mais aussi à débattre et négocier, à accepter les idées de leurs pairs comme des solutions viables, puis finalement à créer du lien social.

Parce qu’il dynamise le groupe, facilite la compréhension et l’appropriation des sujets traités, mais aussi parce qu’il permet d’apprendre à travailler et à gagner en autonomie, l’apprentissage collaboratif enrichit le parcours de l’apprenant. D’autant plus qu’il laisse à ce dernier une grande liberté d’action, notamment au niveau du contenu et de la stratégie d’apprentissage.

 

Vers plus d’investissement et d’engagement

Avec l’apprentissage collaboratif, le rôle de l’apprenant est renforcé. Loin d’être passif, il est au contraire acteur de sa propre formation puisque cette méthodologie repose sur la co-construction des savoirs, c’est-à-dire que l’apprenant est au cœur de son apprentissage en devenant lui-même auteur (on commence à entendre parler dans le monde de la formation de CGU, Contenu Généré par les Utilisateurs). Cela a plusieurs impacts sur l’individu qui se trouve responsabilisé face à ses apprentissages et stimulé par l’envie d’apprendre. L’apprenant est également plus investi dans sa formation où il est encouragé à laisser libre cours à sa créativité.

Grâce au procédé de corrections entre pairs, mais aussi aux approches de classes inversées développées par Marcel Lebrun, l’apprenant concourt à l’apprentissage des autres membres du groupe. En effet, il partage avec lui le fruit de ses recherches qui vont donner lieu à des interactions et une diversification des enseignements. Ainsi, le savoir n’est pas transmis par le formateur, mais bien construit par les apprenants eux-mêmes.

Ces derniers acquièrent ainsi un lot de compétences qui leur permettront, par l’apprentissage indirect, de maîtriser les processus de collaboration, de devenir eux-mêmes facilitateurs en construisant par exemple un atelier collaboratif et de continuer à se développer bien après l’issue de la formation.

L’individualisation de l’apprentissage ne suffit plus, l’apprenant est en quête d’une expérience socio-émotionnelle qui donne du sens à son action et satisfait un intérêt personnel.

 

De formateur à facilitateur

Le formateur, quant à lui, ne disparaît pas. Au contraire, il fait figure de guide. Son nouveau rôle « est de remettre le plus possible aux apprenants le contrôle de leur apprentissage », soulignent France Henri et Karin Lundgren-Cayrol. Et de préciser qu’ « au fur et à mesure que les apprenants développent la capacité d’apprendre de manière autonome et en groupe, le rôle du formateur s’estompe ».

En effet, il passe, étape après étape, d’animateur modérateur avec un encadrement resserré durant la phase d’exploration, à facilitateur lors de la phase dite d’élaboration et à accompagnateur (parfois tuteur) pendant la phase d’évaluation. A ce stade, il est censé intervenir uniquement sur demande des apprenants. Mais il peut aussi prendre la parole pour inciter à la réflexion et améliorer la compréhension. Tout au long du processus, le formateur endosse la casquette de facilitateur des productions cognitives. C’est ainsi que chaque apprenant prend petit à petit la main sur le développement de ses compétences.

 

Les bénéfices de l’apprentissage collaboratif profitent pleinement à l’entreprise car l’apprenant est en mesure, dans une organisation en mode projet, de faire preuve d’empathie, d’écoute et de dialogue. La finalité : l’atteinte des objectifs de l’équipe tout en développant une satisfaction personnelle face aux réussites collectives et individuelles. Il trouvera également davantage de sens au travail et sera bien plus engagé dans l’entreprise.

docendi

Author: docendi

Organisme de formation certifié OPQF, docendi propose, depuis sa création en 2000, une formule pédagogique multimodale novatrice alliant présentiel et accompagnement digital avant et après formation.
Cette pédagogie interactive et personnalisée est particulièrement efficiente pour le développement des soft skills : management, développement de soi, communication interpersonnelle et efficacité professionnelle.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER

Merci, vous êtres bien inscrit à la Neswletter de docendi