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Ghosting : halte aux fantômes qui hantent nos relations professionnelles

Ça bouge !

29 octobre 2019

Je ghoste, tu ghostes, il ou elle m’a ghosté-e ! L’usage du verbe se démocratise à mesure que la pratique qu’il désigne se répand. Comment expliquer ce phénomène et quelles sont ses conséquences pour l’entreprise et ses collaborateurs ? Focus sur le ghosting professionnel, pour ne pas mourir de peur à l’évocation des fantômes !

 

Le ghosting professionnel, une pratique qui impacte d’abord les process de recrutement

Né aux Etats-Unis, le ghosting professionnel y prend des allures de phénomène de société, comme en témoigne un article au titre évocateur : People are « ghosting » at work, and it’s driving companies crazy. Venu des app de rencontres, le ghosting a investi la sphère professionnelle à mesure que les chiffres du chômage s’amélioraient outre-Atlantique. L’accélération digitale et l’ultra-connexion l’ont également favorisé.

En France, on observe ses premières manifestations dans le secteur du recrutement. Un exemple : un candidat passe plusieurs entretiens qui semblent donner satisfaction. À leur issue pourtant, le recruteur s’évapore ! Les candidats adoptent le même type de comportement en retour. Pressentis, certains ne se présentent pas aux entretiens ; d’autres, alors qu’ils viennent d’être engagés, ne se déplacent pas le jour où leur contrat prend effet ! Une « disparition » totale de l’écosystème garantie sans effets spéciaux.

Notez que le ghosting professionnel touche majoritairement les PME ; selon une enquête LinkedIn, les grands groupes en seraient totalement préservés. L’enquête montre par ailleurs que la pratique émane majoritairement des générations Y et Z.

 

La chasse aux fantômes est ouverte pour éviter les mauvais sorts en entreprise

À ce jour, il n’existe pas d’étude chiffrant les conséquences du ghosting en milieu professionnel. Son impact est toutefois bien réel sur l’organisation du travail ou la performance. D’autant que la pratique s’étend aux relations entre services ou équipes, managers et managés, collègues, voire aux relations entre donneurs d’ordres et prestataires.

Au-delà de la perte de temps générée, qui empêche les collaborateurs ghostés de se consacrer à d’autres sujets, ce phénomène a des effets pervers. Certains perdent confiance en eux face à l’évitement de leur manager. D’autres, candidats ou recruteurs, vivent sous tension permanente, redoutant la « volatilisation » de leurs interlocuteurs.

Le risque est alors de se transformer en Jack O’Lantern, ghosteurs toujours prêts à éviter des demandes perçues comme « diaboliques », ghostés espérant indéfiniment la signature de contrats, dans ce monde ci ou le suivant [1].

 

L’intelligence émotionnelle à la manœuvre pour « ghoster » le ghosting

Certains prestataires de services aux entreprises reconnaissent leur responsabilité dans le développement de ces pratiques, estimant notamment qu’une stratégie de marketing automation mal régulée peut orienter des prospects trop souvent recontactés vers un ghosting « libératoire ». La priorité semble donc à affiner ce type de scénarii.

Autre contexte, le recrutement et l’intégration de nouveaux collaborateurs, où la procédure d’onboarding peut contrecarrer l’appétence à la disparition subite. Le process commence alors en amont de l’arrivée de la nouvelle recrue dans l’entreprise, par la rencontre de sa future équipe (lors d’un déjeuner informel par exemple) ou l’articulation de contacts réguliers jusqu’à son embarquement officiel.

Mais la meilleure « arme » consiste sans doute à développer l’intelligence émotionnelle. Car les ghosteurs ont parfois tout de monstres maladroits ! Certains préfèrent fuir pour éviter de blesser leur interlocuteur, d’autres, afin d’éviter les situations inconfortables, d’autres encore, parce que la décision n’est pas entre leurs mains.

« Ghoster » le ghosting passe alors par l’affirmation de soi, une bonne maîtrise de la communication orale et écrite, et par la culture du feedback (positif et correctif). Une compétence clé de l’intelligence émotionnelle – dont nous disposons tous mais que nous ne sommes pas toujours capables d’exprimer – s’avère enfin décisive : l’empathie. Elle permet d’identifier rapidement les besoins de nos interlocuteurs.

À l’ère des interactions professionnelles à 360°, l’intelligence émotionnelle fait figure de « bonbon » susceptible de faire fondre même le plus terrible des ghosteurs.

 

[1] Pour les prestataires victimes de ghosting, l’impact peut aller jusqu’à la mise en danger de leur structure, lorsque cette pratique délétère concerne les délais de paiement ou des cycles de vente non complétés, par exemple.

 

docendi

Author: docendi

Organisme de formation certifié OPQF, docendi propose, depuis sa création en 2000, une formule pédagogique multimodale novatrice alliant présentiel et accompagnement digital avant et après formation.
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