Le Blog des Soft Skills

Enrichir ses compétences humaines, émotionnelles et cognitives

Digital Learning : enquête et perspectives pour naviguer en toute fluidité

Bon à savoir

10 octobre 2019

Vous prendrez bien une dose de Micro Learning, avec un zeste de gamification, dans un contexte ultra Social [1] ? Que vous vous estimiez fluent en modalités et apports du Digital Learning ou que certaines perspectives vous semblent encore floues, les éléments qui suivent vous aideront à mieux vous orienter. Parce qu’une modalité X ou Y ne se résume pas à la solution [2] la plus connue qui la met en œuvre ! Et que certains questionnements restent ouverts.  

 

1 – Comment percevez-vous le Digital Learning ?

Une enquête réalisée par le FFFOD (Forum des acteurs de la formation digitale) de mars à août 2019 [3] fournit de précieuses indications.

  • 71 % des acteurs du Digital Learning (entreprises, organismes de formation/CFA, OPCO, conseils en formation/agences de digitalisation) associent celui-ci à un meilleur taux d’engagement des apprenants.

À noter : au sein des organismes de formation, ils ne sont que 60 %.

  • Pour 61 % des répondants, le Digital Learning permet un renforcement de l’apprentissage.
  • L’accessibilité, la souplesse, l’interactivité, la personnalisation, sont les avantages des dispositifs de Digital Learning les plus cités par les professionnels interrogés.

A contrario, quelles sont les principales problématiques soulevées ? L’aspect budgétaire arrive en tête.

« Dans le cadre d’une production de qualité, avec des vidéos scénarisées dans des modules Micro Learning par exemple – très en vogue, à diffuser sur mobile –, l’investissement à réaliser s’avère conséquent, indique Hugues Duhazé [4], chef de projet pédagogique sur-mesure chez CSP The Art of Training. Et ce d’autant plus si la population à former est limitée. » Cette dimension est la première citée par les répondants à l’enquête du FFFOD.

La question du ROI et/ou ROE [5] se pose également car, une fois le dispositif déployé, la mesure des résultats ne coule pas de source. « On a des data qui remontent sur les plateformes de formation (LMS) mais cela ne garantit pas l’adoption de nouveaux comportements ni la mise en œuvre de compétences fraîchement acquises en situation de travail, note ainsi Hugues Duhazé. » L’enquête du FFFOD le confirme : seuls 10 % des « effets perçus du Digital Learning » se fondent sur des protocoles de mesure, dont les modalités ne sont toutefois pas précisées. 90 % des effets mentionnés relèvent donc « d’impressions » ou de « constats ».

 

2 – Quelles modalités du Digital Learning méritent d’être précisées ?

  • Le Blended Learning ;
  • Le Social Learning ;
  • L’Adaptive Learning ;
  • Le Rapid Learning.

Selon une enquête LinkedIn, 54 % des professionnels de la formation associent le Rapid Learning à un style pédagogique pour un apprentissage rapide. Alors qu’il s’agit [6] … ?

Plusieurs facteurs rendent « l’orientation » délicate dans l’univers foisonnant du Digital Learning. Parmi les principaux :

  • La multiplication d’anglicismes vecteurs de confusion ;

Même lorsque la traduction est exacte, l’expression d’un processus technologique en anglais contribue à rendre ses contours, flous.

  • Le fait que les solutions utilisant telle ou telle modalité finissent par se confondre avec la modalité elle-même ;

Exemple : chez les formateurs docendi, il est fréquent de dire « On va faire un Kahoot » lorsque l’idée est de recourir à un quiz digital !

  • La propension des éditeurs qui déploient l’une des caractéristiques d’une modalité dans leur solution à définir ensuite la modalité en question selon leur propre vision – en laissant de côté les autres dimensions.

Mais revenons aux modalités citées plus haut. Hugues Duhazé en propose un éclairage opérationnel.

  • Le Blended Learning désigne une formation comportant une phase présentielle et une phase digitale à distance, dans une perspective « avant/pendant/après ».

Avec la diversification des modalités pédagogiques, on peut toutefois se demander si le « pendant » correspondra toujours au présentiel. Quelle sera la meilleure hybridation des modalités, qu’elles soient digitales ou non ?

  • Le Social Learning consiste à utiliser les outils de communication web 2.0 (les réseaux sociaux) dans les parcours de formation. L’idée est de structurer des communautés d’apprenants autour de thématiques, dans le cadre d’une session ou « inter sessions » – autour d’une formation donnée. Le formateur se mue alors en Learning Community Manager pour alimenter les échanges et partages.

En pratique, la vitalité du Social Learning est difficile à maintenir, les apprenants s’appuyant moins sur ce type de pratiques au bout de quelques temps.

  • En cours de développement au niveau micro du moins, l’Adaptive Learning permet de positionner automatiquement des contenus de formation en fonction des data de l’apprenant – profil (âge, fonction), positionnement sur le référentiel de compétences, trajectoire d’évolution souhaitée, notamment.

On peut y voir la retranscription du mode de fonctionnement de YouTube aux plateformes de formation.

 

3 – De quelles recommandations auriez-vous besoin avant de déployer un dispositif de Digital Learning ?

  • Des indications sur la manière de mobiliser les différents acteurs de l’entreprise en amont et lors du déploiement.
  • Une aide à l’évaluation financière des coûts (techniques, humains) générés par le projet.
  • Des recommandations sur le type d’accompagnement humain à proposer aux apprenants.

Tout projet de Digital Learning doit reposer sur une stratégie collective. Il s’agit à la fois d’accompagner les équipes impliquées et de suivre de près le projet lui-même. Le réseau des GRETA de l’académie de Versailles [7], par exemple, procède par  plans d’action : accompagnement global sur les projets Digital Learning ; formation des équipes à l’ingénierie multimodale (ingénierie de formation et ingénierie pédagogique) ; mise à disposition et suivi des moyens matériels et pédagogiques – plateforme, outils pour la FOAD (Formation Ouverte A Distance), ressources formateurs et stagiaires.

Pour que ce projet aboutisse et que l’action de formation qui en résulte soit un succès, le donneur d’ordres, vous-même en tant que responsable formation et les managers de votre entreprise devez en outre vous engager pleinement – chacun sur votre périmètre.

Dans le cadre d’un dispositif ATAWADAC également, l’accompagnement humain à visée pédagogique se révèle fondamental.

Si les « modes de suivi » des apprenants sont variés – mails, 22 % ; tél / Skype, 17 % ; classes virtuelles, 16 % ; tutos / FAQ, 15 % ; forums, 12 % ; pour les principaux – le plus important pour le formateur-accompagnateur-facilitateur est de « connaître » le profil des apprenants et la finalité de la formation, pour l’entreprise et pour ceux-ci. Cela permet de déterminer quand interagir, comment et via quelle ressource additionnelle au besoin.

 

Le Digital Learning irrigue chaque jour davantage les parcours de formation déployés par les acteurs de la formation professionnelle. Faut-il néanmoins prendre le risque de naviguer à vue ? Placez toujours l’ingénierie et les apports pédagogiques au cœur de vos réflexions et dispositifs, dans l’intérêt des apprenants. N’hésitez pas à vous faire accompagner ! Et pour approfondir le sujet : partagez vos commentaires… Vous avez dit engagement de la communauté ? 😉

 

[1] Social Learning.
[2] L’offre techno ou le produit de la toute dernière start-up de l’Ed Tech.
[3] Données extraites du livre blanc du FFFOD, Une vision à 360° sur la réalité du Digital Learning, téléchargeable ici. Ce livre blanc est le résultat de plusieurs travaux : l’enquête menée de mars à août 2019 ; les contributions de chercheurs et professionnels de la formation ; la veille assurée par les étudiants du Master en sciences de l’éducation de l’IFPA ; une réflexion sur la formalisation de la chaîne de valeur du Digital Learning.
[4] Chez CSP, Hugues Duhazé manage 3 consultants-formateurs qui interviennent auprès des clients de CSP sur les parcours intra sur-mesure, majoritairement. Après un Master en gestion de projet digital, son intérêt pour la pédagogie le conduit au sein d’une agence e-learning, puis dans un service formation du groupe Bouygues. Hugues Duhazé rejoint CSP en 2014.
[5] ROE : Return On Expectations.
[6] Le Rapid Learning répond à un besoin de formation urgent. Simple à concevoir, il permet de produire rapidement un contenu de formation, pour une diffusion dans les plus brefs délais. À ne pas confondre avec le Fast Learning, autre intitulé du Micro Learning.
[7] Exemple issu du livre blanc Une vision à 360° sur la réalité du Digital Learning du FFFOD.
docendi

Author: docendi

Organisme de formation certifié OPQF, docendi propose, depuis sa création en 2000, une formule pédagogique multimodale novatrice alliant présentiel et accompagnement digital avant et après formation.
Cette pédagogie interactive et personnalisée est particulièrement efficiente pour le développement des soft skills : management, développement de soi, communication interpersonnelle et efficacité professionnelle.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER

Merci, vous êtres bien inscrit à la Neswletter de docendi