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Enrichir ses compétences humaines, émotionnelles et cognitives

Confinement : faisons de notre nouvelle réalité une expérience « transformante » !

Paroles d'Experts

26 mars 2020

A propos de l'auteure : Karine Blanco

Le 17 mars 2020, des mesures de confinement individuel entrent en vigueur en France afin de limiter la propagation du Covid-19. « Assignés à résidence », nos réalités se teintent de chômage partiel, de télétravail ou d’école à la maison, parfois conjugués. Cela génère un temps d’adaptation, certains ajustements, des besoins ou difficultés spécifiques, et cette situation hors normes va se prolonger. Dès lors, comment tenir le choc et aborder cet espace-temps comme une réelle opportunité pour se retrouver voire se réinventer ? En ces moments hors du temps, je vous propose quelques clés pour bien vivre, dans la durée, notre nouvelle réalité.

 

Le confinement nous oblige à expérimenter le travail à distance, les outils digitaux associés – et une nouvelle façon d’être en relation à soi et aux autres au quotidien

L’absence de choix allié aux conditions dans lesquelles certains de nous télétravaillent (avec des enfants à la maison par exemple), modifient notre perception de ce mode d’organisation du travail. Certes, nous évoluons dans un environnement familier, celui que nous avons aménagé pour y vivre. Mais les règles du jeu semblent avoir changé, et personne ne peut vraiment nous les expliquer. Que faire ?

Alors même qu’une distanciation sociale s’impose, nous allons puiser dans nos liens sociaux la force nécessaire pour rétablir notre équilibre. Peu importe le mode de communication (smartphone, mail, WhatsApp…),  c’est plus que jamais le moment de nous rapprocher de ceux qui comptent – famille, amis, voisins. Ces temps de partage, d’échange, d’écoute active, ces témoignages d’attention et ce care nous nourrissent autant qu’ils font du bien. Nous pouvons alors utiliser au mieux nos ressources pour faire face.

Il s’agit de résister à la tentation de l’hyper-connexion, qui conduirait à une surcharge mentale. Ceci à deux égards. D’une part, pour ne pas « sombrer » sous l’afflux d’émotions négatives en regardant les infos en boucle. L’exercice de notre sens critique peut nous y aider ; sélectionnons les sources d’informations et évaluons leur utilité. D’autre part, en télétravail surtout, afin de ne pas se laisser assaillir par les sollicitations de toutes parts ! Si les outils digitaux collaboratifs rendent de grands services, notamment en cette période, un usage déraisonnable peut avoir des effets désastreux sur nos capacités cognitives. Choisissons les outils auxquels nous souhaitons recourir, les moments et les raisons de le faire.

 

Profitons de moments de temps vide pour accueillir nos idées et réveiller notre créativité

En télétravail, en chômage partiel ou mués en professeurs des écoles, nous bénéficions d’un temps retrouvé qui peut se compter en minutes ou en heures. Pourquoi ne pas le mettre à profit pour réapprendre à regarder véritablement ce et ceux qui nous entoure/nt ? Car l’humanité surgit d’un regard… Soyons en pleine présence avec nos proches, observons l’extérieur depuis notre fenêtre, prenons une douche ou faisons la vaisselle… en étant présent à nous –mêmes, seulement à nous-mêmes et à notre environnement immédiat. Marchons 15 minutes si possible en pleine conscience, sans smartphone, levons les yeux, écoutons le silence et les oiseaux revenus en ville !

Le vide et le silence font peur. Et pourtant, il n’a sans doute jamais été aussi utile de se ménager un temps vide au quotidien… Une bulle de déconnexion totale d’une dizaine de minutes par jour pour accueillir nos idées et tout ce qui est en nous, que nous ne prenons pas le temps d’écouter d’habitude en raison de notre suractivité chronique, de la surcharge cognitive et mentale générée par les applis, push mails, réseaux sociaux et Netflix – entre autres !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’ennui est un bon ami. Expérimentons-le ! Rédigeons un journal de bord afin de bénéficier de l’effet libérateur de l’écriture et de pouvoir en tirer parti, plus tard.

Essayons également de transformer nos « bonnes intentions » en actions SMART – Spécifiques, Mesurables, Acceptées, Réalistes, délimitées dans le Temps. À défaut, gare à la frustration de n’avoir rien concrétisé ! Pour faire 10 minutes de yoga quotidien par exemple, commençons par déterminer un créneau précis dès le jour même.

 

Un trop-plein d’émotions est légitime ! Mobilisons des ressources accessibles gratuitement pour les canaliser – respiration et méditation

La crise sanitaire qui nous frappe collectivement nous touche de plein fouet au niveau émotionnel. À cela s’ajoute l’inquiétude pour la pérennité de nos emplois ou pour les conditions de reprise de notre activité. Inutile de tenter de s’abstraire de ces « ressentis qui élisent d’abord domicile dans notre corps » ! Car, malgré leur composante physique, les émotions ne sont pas de simples sensations. Elles portent un message qui va déclencher la peur, la tristesse, la joie, etc.

Une métaphore permet de bien comprendre leur impact sur nos pensées, beaucoup plus puissant que dans le sens inverse. Imaginons une casserole de lait posée sur un brûleur de cuisinière ; le lait représente nos pensées et le feu, nos émotions. Jusqu’à une certaine température, il est possible d’éviter le débordement du lait en soufflant dessus. Mais quand le lait chauffe trop, le seul moyen d’éviter des dégâts est de diminuer la puissance du brûleur[1].

Comment agir sur le feu de nos émotions ? Plusieurs pratiques ou techniques nous aident à développer notre maîtrise de soi, une compétence indispensable pour gérer les réactions excessives et diminuer la pression en période de confinement. L’objectif est de pouvoir (de nouveau) exercer notre volonté sur nos pensées et actions. Soyons à l’écoute de notre corps, de ses tensions et contractions. Les exercices de respiration sont vivement conseillés à cet égard, pour s’apaiser, se dynamiser ou accueillir ses émotions. La cohérence cardiaque, notamment, permet de réguler le système nerveux autonome ; cela ne prend que 5 minutes !

Nous pouvons également opter pour le yoga, la sophrologie ou encore pratiquer la visualisation positive. Elle consiste à imaginer, sur un écran, une scène qui concrétise un but à atteindre. L’idée est de visualiser le résultat et non les moyens. Les images créées doivent être simples, claires et attractives, pour qu’elles deviennent réalité. Pratiquons cette visualisation en milieu de journée de préférence, afin de nous ressourcer. Pour un effet maximal, il est souhaitable de recourir à l’une de ces techniques (ou à plusieurs)  quotidiennement, durant 21 jours. Notre corps mémorise ainsi ces temps de calme et de bien -être ; en période de crise, à la prononciation de certaines phrases clés, il s’apaise de lui-même.

Je recommande également, vivement, la méditation. Comme l’exprime le Dr Frédéric Rosenfeld dans son ouvrage, elle est dotée de vertus relaxantes. Mais elle dispose d’un atout supplémentaire car elle contribue à développer l’observation et la « sérénité » à l’égard des phénomènes émotionnels.

L’humour et le rire sont également des composantes majeures de notre bien-être. Activons-les autant que possible, dans nos échanges ou en visionnant des séries comiques, en consultant des pages Facebook (L’optimisme), en écoutant des podcasts (Change ma vie).

 

Confinement, télétravail ou inactivité provisoire nous donnent l’occasion de nous reconnecter à notre corps et de nous re-connaître

Dans nos sociétés de l’instantané, avoir du temps pour soi est un luxe. Lorsque nous sommes dans cette situation – encore une fois, les contextes des uns et des autres varient en cette période troublée -, profitons-en !

Puisque nos temps de transport ont fondu, réallouons ces minutes ou heures à prendre soin de nous. Nous ne sommes pas qu’un cerveau ! Faisons-nous belle ou beau afin de garder une belle estime de nous-même et de renvoyer une image positive à notre entourage, si nous sommes confinés à plusieurs. Massons-nous pour détendre les zones de notre corps le plus sollicitées. Faisons-nous plaisir, dansons sur notre chanson préférée quand nous en avons envie !

C’est aussi le moment idéal pour se re-connaître. Prenons un carnet et faisons le point sur nos qualités et « supers pouvoirs », nos passions. Demandons du feedback à nos proches !

Cette hygiène mentale passe également par l’hygiène alimentaire. Respectons autant que possible les horaires de repas habituels, évitons de grignoter et buvons de l’eau ! Cette dernière favorise la désintoxication et la purification du sang, elle nous donne de l’énergie. L’une des principales causes de fatigue durant la journée est une trop faible hydratation.

En effet, l’eau intervient dans tous les processus de la vie individuelle que mène notre organisme. Elle arrive en deuxième position en termes d’importance vitale, après l’oxygène. N’oublions pas que notre poids corporel est composé jusqu’à deux tiers d’eau. 

 

La période de confinement que nous vivons actuellement va se prolonger. Préparons-nous physiquement et psychologiquement à ce marathon ! Nous disposons d’une chance inouïe : celle de pouvoir nous appuyer sur les liens humains et sur de riches ressources de gestion du stress notamment. L’épreuve est sévère, davantage pour certains que d’autres, mais elle est surmontable. Je suis convaincue que notre humanité et notre clairvoyance en sortiront renforcées. 

 

Cette tribune s’adresse aux personnes actuellement confinées. Remercions celles et ceux qui « vont au front » chaque jour, au-delà de quelconques limitations horaires parfois, en les applaudissant et surtout, en RESTANT CHEZ NOUS.

 

[1] Passage inspiré de Méditer, c’est se soigner du Dr Frédéric Rosenfeld (éd. Les Arènes).
A propos de l'auteure : Karine Blanco

Author: A propos de l’auteure : Karine Blanco

Karine Blanco est responsable de la gamme Développement de soi chez docendi. Après une première vie professionnelle (chef de projet puis directrice-conseil dans des agences de communication interne événementielle), elle s’est orientée vers la formation pour se consacrer à l’accompagnement des apprenants. Karine Blanco a suivi de nombreux ateliers de développement personnel, psychologie positive, art-thérapie et sophrologie et dispose d’une certification de formatrice-consultante.

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