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Acteurs de la formation professionnelle : un agenda maîtrisé malgré le reconfinement

Bon à savoir

17 novembre 2020

Le confinement de mars-avril a provoqué un électrochoc chez les acteurs de la formation professionnelle. Certains ont mené la bataille de la réingénierie pédagogique afin de « transposer » leurs offres en distanciel [1]. D’autres se sont mobilisés pour assurer la continuité de la montée en compétences de leurs collaborateurs. Ingénieurs pédagogiques, animateurs-formateurs, apprenants, responsables formation, quelles sont vos priorités à l’heure du reconfinement ? Cette crise majeure agit-elle comme un catalyseur de transformation/s ? Éléments de réponse.   

 

1 – Malgré le reconfinement, les acteurs de la formation professionnelle sont « sur le pont » !

Dans le secteur de la formation comme dans d’autres, ce « confinement saison 2 » n’équivaut pas à la période de mars-avril (voire mai dans les régions les plus touchées). Cette fois, les organismes de formation peuvent en effet accueillir les stagiaires lorsque la formation concernée n’est pas envisageable à distance, moyennant le respect des mesures d’hygiène et gestes barrières. Pour de nombreuses catégories de formations toutefois, les modalités distancielles s’imposent.

Dès l’annonce du reconfinement, organismes et responsables formation ont réagi immédiatement. Dans une entreprise comme SCC France, les formations sécurité réalisées en présentiel avaient été poussées à partir de juin et encore à l’automne [2]. Les formations « cœur de métier » avaient également été privilégiées car elles donnent lieu à des certifications.

  • Avec le reconfinement, le basculement en distanciel s’est fait presque automatiquement grâce à l’intense travail de réingénierie pédagogique mené au préalable par le service formation et ses prestataires.
  • Quand toute transposition est exclue, les sessions sont organisées en présentiel.

« L’objectif est de déployer le plan de développement des compétences au maximum, indique Béatrice Quertain, responsable formation de cette entreprise de l’IT. »

À la MGEN, les modalités distancielles ont été conservées à la sortie du confinement, le centre de formation étant resté fermé par exemple. « Néanmoins, certaines formations présentielles ont été redéployées à partir de septembre au niveau local. Des réajustements ont donc dû être opérés très rapidement, indique Sophie Laisne, responsable formation Assurances du groupe mutualiste. »

Du côté des organismes de formation dont le modèle ne reposait pas sur le distanciel, l’effort d’adaptation et de transposition fut sans précédent ! Chez CSP DOCENDI par exemple, une réversibilité de l’offre a été élaborée à partir de mars-avril [3]. Toute formation présentielle peut désormais être réalisée en distanciel, et inversement.

« La modalité devient presque accessoire, souligne Guénaëlle Boch, Directrice Pôle Client. Chaque versant de l’offre est susceptible d’être déployé aux mêmes dates, avec les mêmes objectifs et la même signature pédagogique, pour un coût identique. »

  • Les consultants-formateurs sont accompagnés dans leur appropriation de ce nouveau mode d’animation et d’interaction par des « commandos » dédiés.
  • Tous les acteurs de l’entreprise (commerciaux, consultants, formateurs, assistantes…) sont mobilisés et formés pour assurer une montée en puissance du distanciel solide et pérenne.

Dans cette perspective, le Directeur Conseil et Formation sur Mesure [4] de CSP DOCENDI, Édouard Dubruel, a contacté très rapidement ses clients. « Chez la plupart, la majeure partie de l’activité avait été redéployée en distanciel. Mais certains programmes ne semblaient pouvoir l’être, ceux portant sur les techniques théâtrales notamment. Forts de l’expérience du confinement, nous avons concçu des propositions de formules distancielles en l’espace de 48h, pour ces mêmes thématiques. »

Loin du K.O., les acteurs de la formation professionnelle sont à la manœuvre.

 

2 – Quand l’expérience du confinement livre de précieux « retours »

En mars-avril chez SCC France, des ateliers d’accompagnement en format digital/distanciel ont été proposés à l’ensemble des managers, pour partager l’esprit du travail de réingénierie pédagogique engagé. Cela a permis de dépasser certains a priori négatifs : moyennant des formats plus courts et un moindre nombre de participants, la formation distancielle peut s’avérer interactive et participative.

Du côté de la MGEN, des retours d’expérience ont eu lieu dès l’été. Certaines formations ont été identifiées comme ne pouvant être menées à distance : 1) pour des raisons techniques d’animation 2) parce que le sujet se « prête » peu au distanciel. Exemple : la relation adhérent ou les ateliers de pratiques commerciales, qui nécessitent une situation d’accueil ou une double écoute téléphonique.

D’autres thématiques en revanche fonctionnent très bien en distanciel. Et le déploiement sur plusieurs demi-journées, pour ne pas « surcharger » cognitivement les apprenants, favorise l’intersession ; le manager qui accompagne le salarié en formation se trouve ainsi davantage embarqué. « Pour le plan 2021, nous avons revu certains déroulés pédagogiques en ce sens, explique Sophie Laisne. » Le confinement a permis de mettre en place un contexte favorable à l’apprentissage à distance, du point de vue technique [5] et via l’accompagnement des managers.

Pour les organismes de formation, les retours d’expérience concernent principalement l’efficacité pédagogique. Ceci sous deux angles :

  1. L’efficacité des ingrédients pédagogiques mobilisés dans le cadre de sessions distancielles ;

Les classes virtuelles remplissent pleinement les attentes à cet égard.

  1. La pertinence du dispositif proposé en fonction de l’organisation du travail et des préférences des collaborateurs.

Les deux solutions mises en œuvre lors du confinement (2 jours en présentiel = 2 jours en distanciel ou 2 jours en présentiel = 2 heures par jour sur 5 jours) ont chacune leurs supporters. Une partie des apprenants préfèrent l’approche progressive du 5 x 2 heures, une autre, l’immersion durant 2 jours. Les donneurs d’ordre vont majoritairement sur la version de deux jours.

De ce fait, CSP DOCENDI privilégie le format 2 jours en distanciel, pour l’inter. En intra en revanche, plusieurs options sont possibles.

Plus globalement, la formation à distance requiert l’excellence pédagogique. Là où le charisme d’un animateur-formateur peut « compenser » des manques en présentiel, le distanciel implique une expertise, une ingénierie, solides et maîtrisées.

 

3 – Le jour d’après ? Les acteurs de la formation professionnelle anticipent un changement de paradigme

Rappelez-vous : lors du confinement, les thématiques de formation ont évolué pour répondre aux besoins immédiats des organisations. Des modules dédiés au management à distance notamment ont été déployés de façon quasi instantanée.

À l’issue du confinement, d’autres « sujets » sont montés en puissance, de l’écoute à l’accueil des émotions des collaborateurs. Les formations soft skills ont rencontré un nouvel écho. « La multi-configuration du travail, sa distanciation notamment, ont appuyé sur les défauts des organisations, souligne Guénaëlle Boch. Le besoin d’accompagnement des collaborateurs est donc important, sur des sujets qui touchent directement leur performance et leur bien-être. »

La formation interne revient également au premier plan, dans sa dimension métiers. « Valoriser et capitaliser sur les expertises de proximité, tracer ce qui existe déjà sans que cela n’ait été répertorié, voilà un nouvel enjeu pour 2021 selon Béatrice Quertain. » Une valorisation à décliner notamment via des parcours AFEST.

Mais la réorientation majeure est sans doute la suivante : pour Sophie Laisne, « plutôt que de prévoir une formation présentielle à redéployer à distance si nécessaire, les responsables formation vont se demander d’emblée ce qui, dans un contenu, peut être réalisé en distanciel. » L’atout du présentiel sur la thématique concernée sera également identifié – car il n’a pas vocation à disparaître ! Plus que jamais, il prend un caractère de pépite.

Dans cette perspective, les organismes de formation voient leurs modèles challengés. D’où l’importance d’être bien positionné « sur ses deux jambes », comme le note Édouard Dubruel :

  • « La première jambe est celle du modèle produits – des parcours, des formations certifiantes ou diplômantes, des stages inter ou intra packagés – portés par des commerciaux généralistes et alimentés par l’inbound marketing ;
  • La seconde jambe correspond au modèle projets – des offres portées par des consultants présents chez les clients et intervenant sur toute la chaîne, de l’avant-vente à la modélisation pédagogique, de la vente au pilotage des équipes qui vont déployer la formation. »

Face au premier modèle a priori plus rentable, le modèle projets vise la valeur. Mais ils se nourrissent l’un l’autre. Et en période de crise, les consultants maintiennent plus facilement le lien avec leurs clients, pour retravailler des programmes jusqu’à présent déployés en présentiel.  Procédant en test&learn, ils ont pu faire des pilotes de classes virtuelles et des ajustements pédagogiques, avant de retester une nouvelle formule. Ils ont ainsi constitué un véritable laboratoire du distanciel pour CSP DOCENDI, lequel a nourri l’offre sur catalogue.

 

Le monde de la formation post crise sanitaire ne ressemblera pas à celui d’hier ; les responsables formation notamment souhaitent conserver la capacité à répondre à des besoins immédiats grâce à des contenus distanciels plus rapides à déployer. Autre évolution d’envergure, le développement des soft skills rendu « indispensable » au sein des organisations par la crise sanitaire. C’est l’un des résultats marquants du 1er baromètre annuel des soft skills, publié prochainement par CSP DOCENDI.

 

[1] En 2019, 7 % des formations ont été mises en œuvre en 100 % distanciel, contre 19 % en présentiel et 74 % en Blended Learning (+ 10 points par rapport à 2018). Source : Les chiffres 2020 du Digital Learning, par ISTF.
[2] Pour la plupart de ces formations, l’interruption a été totale lors du confinement. Leur transposition en tout distanciel nécessitait en effet l’aval de certaines autorités de tutelle, qui n’ont pas donné leur feu vert en raison de l’importante dimension pratique que ces formations comportent.
[3] Le terme de réversibilité a été défini dans un second temps.
[4] L’offre sur mesure et l’offre packagée de CSP DOCENDI suivent des schémas bien distincts.
[5] La MGEN accompagne l’ensemble de ses collaborateurs sur l’appropriation des outils collaboratifs, via un réseau de « super-utilisateurs », et vient par exemple d’équiper les salariés de casques adaptés pour leur permettre de suivre plus facilement les formations à distance. Reste le problème de la qualité du réseau Internet, selon le lieu d’habitation – un nouveau paramètre technique à prendre en compte lors de formations à distance en télétravail.
docendi

Author: docendi

Organisme de formation certifié Datadock, docendi propose, depuis sa création en 2000, une formule pédagogique multimodale novatrice alliant présentiel et accompagnement digital avant et après formation.
Cette pédagogie interactive et personnalisée est particulièrement efficiente pour le développement des soft skills : management, développement de soi, communication interpersonnelle et efficacité professionnelle.

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